Gestion raisonnée de la laisse de mer
La laisse de mer c’est « ce qui est laissé par la mer » au gré du flux et du reflux des marées. Cela forme une bande de débris naturels et de détritus. On la trouve sur tous les littoraux, qu’ils soient vaseux (comme dans les anses de Penfoulic ou du Saint-Laurent), sableux (comme à la plage de Kerleven) ou rocheux. Selon les lieux, les conditions météo, les marées et les courants, le contenu et le volume de la laisse de mer changent.
Qu’est ce qu’il y a dans la laisse de mer ?
On y trouve :
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des restes d’origine animale ou végétale: algues brunes, vertes ou rouges, coquillages, tests d’oursins, méduses échouées, os de seiches ou de calmars, œufs de bulots ou de raies, carapaces de crustacés, plumes et cadavres d’oiseaux, bois flottés…
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des déchets d’origine anthropique (humaine) : cordages, morceaux de filets de pêche, casiers, bouteilles en verre ou en plastique, canettes, mégots, chaussures, gants, morceaux de verre plus ou moins polis par la mer, résidus de goudrons, et de plus en plus de micro-déchets résultant de la fragmentation des matières plastiques.
A quoi ça sert ?
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Un frein naturel à l’érosion
Sur la plage, la laisse de mer permet de retenir le sable et, à terme, de renforcer les dunes, on parle de rôle fixateur. Elle constitue donc un frein à l’érosion naturelle. Lors des tempêtes d’hiver, la laisse de mer amortit les vagues, limite l'érosion marine de la plage et participe à la protection des dunes et des terrains en arrière des dunes. Elle freine aussi le vent au sol et réduit l'érosion éolienne sur la partie émergée de la plage et sur la dune.
2
Un écosystème qui participe
à la vie du littoral
La laisse de mer constitue un biotope (milieu de vie) qui possède des caractéristiques particulières : les algues échouées maintiennent un microclimat frais et protégé des rayons du soleil. Elle abrite et nourrit de nombreux micro-organismes et petits animaux (insectes, mollusques, petits crustacés…) qui sont à la base d’une chaîne alimentaire spécifique du littoral, véritable garde-manger pour les poissons et les oiseaux qui vivent sur le rivage.
Conserver la laisse de mer, c’est protéger l’habitat et la nourriture des espèces de l’estran
3
Un fertilisant de la dune
Les humus et les matières organiques apportés par la laisse de mer participent à la fertilisation du haut de plage et de la dune où les premières espèces végétales peuvent s’installer et se développer.
Les effets du ramassage mécanique
Dans le souci d’offrir une plage « propre » pour le confort des touristes, un nettoyage mécanique est réalisé régulièrement sur notre littoral. Encouragé par les plans de lutte contre les algues vertes, le nettoyage mécanisé et systématique des plages a des conséquences négatives sur le milieu naturel :

Du sable est emporté avec les matériaux ramassés et ce qui réduit l’accumulation naturelle de sédiments.

L’effet protecteur de la laisse de mer contre l’action des vagues et du vent disparait, ce qui accentue l’érosion marine et accélère le recul du trait de côte.

Le passage répété des engins modifie fortement la compacité des sédiments et leur pouvoir de rétention ou de drainage.

Les échanges sableux entre la plage et la dune sont perturbés : le ramassage mécanique prive les plages de l’apport de matériel organique nécessaire au développement dunaire.

La chaine alimentaire de l’estran est bouleversée : le ramassage de la laisse de mer entraîne l’élimination de toute une microfaune de crustacés, de vers et d’insectes qui sert de nourriture aux poissons et aux oiseaux.

Lors des tempêtes d’hiver, la laisse de mer amortit les vagues, limite l'érosion marine de la plage et participe à la protection des dunes, ainsi que des maisons et des campings en arrière des dunes.
Mais en cas de ramassage mécanique, l’effet protecteur de la laisse de mer disparait, ce qui favorise l’érosion marine et le recul du trait de côte.
Adoptons un entretien raisonné de la plage
Pour concilier la conservation de cet écosystème et l’accueil du public, le nettoyage de la plage doit être adapté et différencié :

Collecte manuelle et sélective des déchets afin de préserver les débris naturels et le sable.

Ramassage mécanique limité aux épisodes d’échouages massifs (20 à 30 cm d’épaisseur) d’algues vertes dont la décomposition au soleil peut produire de l’hydrogène sulfuré (H2S), un gaz toxique (voir la page marées vertes).

Durant l'hiver, récolter les algues brunes échouées sur la plage. En accord avec les services techniques communaux, les membres de LA FORÊT verte les ont étalées sur la dune afin de nourrir les végétaux et d'accélérer la dynamique naturelle d'engraissement de la dune qui peut ainsi mieux résister aux assauts de l'océan.
Quelles conséquences ?
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Pour l’estivant, des critères de confort qui changent : il y aura des algues, des coquillages et du bois flotté sur la plage, avec plein de petits animaux dedans. Mais ce n’est ni « sale » ni dangereux.
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Les talitres (puces de mer) ne piquent pas.
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Les algues brunes et rouges, même décomposées, ne sont pas toxiques.
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Pour l’écosystème, faune et flore fragiles sont préservées, le sable est retenu sur la plage et sur la dune et un milieu nécessaire à la vie et à la nidification des oiseaux est préservé.
Participez ! Protégez votre environnement !
Quand vous allez à la plage, ne laissez rien trainer sur le sable. Pensez à remporter vos déchets. Vous pouvez aussi ramasser les déchets que vous trouvez et les déposer dans une poubelle ou dans un des bacs à marée mis en place à la plage et le long du chenal du port. C’est un geste citoyen.

